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Mon soutien psy

Faut-il signer la convention Mon soutien psy ? Ce qu’elle engage vraiment

7 septembre 2026 — 12 min de lecture

Une psychologue, le soir chez elle, relève les yeux d’un courrier officiel, un stylo entre les doigts.
La convention arrive par courrier de la caisse. Elle dure un an, puis se reconduit toute seule.

Votre caisse vous a peut-être envoyé la nouvelle convention Mon soutien psy cet été. Avant de la signer — ou de la laisser dans une pile — il vaut la peine de savoir ce qu’elle contient : elle dure un an et se reconduit seule, elle verrouille votre tarif, elle plafonne votre activité à distance, et elle prévoit comment on en sort.

L’essentiel
  • Un an, reconduit tacitement chaque année si personne ne fait rien.
  • Tarif verrouillé à 50 € : aucun dépassement d’honoraires ne peut être facturé.
  • 20 % maximum d’activité à distance sur l’année, et l’entretien d’évaluation obligatoirement en présentiel.
  • Le parcours fait l’objet d’échanges avec le médecin traitant du patient.
  • Vous devez faciliter le contrôle de la réalisation des séances facturées, à tout moment.
  • Vous en sortez par lettre recommandée, avec deux mois de préavis — et vous devez en informer vos patients.
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Avant de signer, sachez ce que vous aurez à tenir : le tarif, le compteur des douze séances et la part de visio sous 20 %. Psy Agenda les tient à votre place, et vous prévient avant le dépassement. Voir ce qu’il tient

Ce que vous avez reçu

Une nouvelle convention type a été fixée par l’arrêté du 17 juin 2026, publié au Journal officiel du 19 juin. Elle remplace l’annexe de l’arrêté de mars 2022, c’est-à-dire le texte que signaient les psychologues depuis le lancement du dispositif. Les caisses la transmettent aux professionnels concernés.

Ce n’est pas un contrat négocié : c’est une convention type. Vous ne pouvez pas en discuter les termes, seulement l’accepter ou non. D’où l’intérêt de les lire.

Un an, puis tacitement reconduit

La convention entre en vigueur à la date de sa signature par les parties, pour une durée d’un an. Elle se reconduit ensuite tacitement, chaque année. Concrètement : vous ne signez qu’une fois, et l’engagement continue tout seul tant que vous ne faites rien.

Ce n’est pas un piège — c’est même commode — mais cela veut dire que l’engagement ne se « repose » jamais. Si votre pratique change, c’est à vous d’y revenir.

Le tarif : verrouillé, et le mot est faible

Vous vous engagez à respecter le tarif fixé par arrêté ministériel. Aucun dépassement d’honoraires ne pourra être facturé. Le montant ne peut pas non plus être modifié unilatéralement — ni par vous, ni par la caisse.

C’est le point qui fait le plus débat dans la profession, et il mérite d’être posé sans détour : si vous consultez habituellement à 65 €, chaque séance conventionnée vous vaut 15 € de moins. Sur douze séances, cela fait 180 € par patient. À vous de dire si le volume de patients que le dispositif amène compense l’écart — la réponse dépend de votre patientèle et de votre région, pas d’un principe général.

Le plafond de 20 % d’activité à distance

C’est la disposition la moins commentée du texte, et l’une des plus structurantes : votre activité à distance ne peut pas dépasser 20 % de votre activité annuelle globale dans le cadre du dispositif. Et l’entretien d’évaluation doit nécessairement être réalisé en présentiel.

Il ne s’agit pas d’une recommandation. Le suivi à distance dispose d’un code d’acte distinct de celui du présentiel : la caisse voit donc, feuille après feuille, la proportion exacte de votre activité en visio. Mieux vaut la voir avant elle : Psy Agenda compte vos séances à distance et vous prévient quand vous approchez des 20 %. Si vous aviez pensé bâtir une file active conventionnée essentiellement à distance, c’est cette ligne-là qu’il faut lire avant de signer.

Les engagements qu’on ne voit pas venir

  • L’échange avec le médecin traitant. Le parcours du patient doit faire l’objet d’échanges avec son médecin traitant. L’adressage médical n’est plus obligatoire pour entrer dans le dispositif, mais le lien avec le médecin, lui, reste dans la convention.
  • Le contrôle. Vous devez faciliter à tout moment le contrôle de la réalisation des séances que vous avez facturées. Cela suppose de pouvoir montrer, à froid, que telle séance a bien eu lieu à telle date.
  • Les délais de transmission. Les feuilles de soins doivent partir dans les délais réglementaires : la pile qui attend sur un coin de bureau n’est pas seulement un problème de trésorerie.
  • Des séances à des dates distinctes. Deux séances le même jour pour le même patient ne sont pas payées.

Comment on en sort

La convention prévoit sa propre sortie, et c’est une bonne nouvelle : l’engagement n’est pas définitif.

  1. Vous écrivez à votre caisse par lettre recommandée avec accusé de réception.
  2. Le préavis est de deux mois, à compter de la réception de votre courrier.
  3. Vous informez vos patients des conséquences pour eux : les séances réalisées après la résiliation ne sont plus prises en charge. Un patient en cours de parcours doit le savoir avant, pas après.

La caisse, de son côté, peut aussi rompre : en cas de non-respect des dispositions légales, réglementaires ou conventionnelles, elle peut prononcer une suspension temporaire ou une exclusion définitive du dispositif.

Ce que la convention ne promet pas

Il faut le dire, parce que l’attente est parfois déçue : se conventionner ne garantit pas de patients. Le dispositif vous rend visible dans l’annuaire des psychologues conventionnés et permet à des personnes de vous consulter sans avancer la totalité des frais. Il ne vous amène pas une file active, et il ne fixe aucun délai de paiement à votre bénéfice.

Il ne vous dispense pas non plus de votre organisation : le quota, les feuilles, le suivi des paiements restent à votre charge. Ce que vous gagnez, c’est un accès ; ce que vous donnez, c’est une part de liberté tarifaire et un peu d’administratif.

Le calcul, en clair

Prenons un cas simple. Vous consultez habituellement à 65 € et vous réservez quatre créneaux conventionnés par semaine, soit environ seize séances par mois.

  • Le manque à gagner : 15 € par séance, soit 240 € par mois — si ces créneaux auraient été remplis au tarif plein.
  • Le gain : ces mêmes créneaux remplis par des patients qui, sans le dispositif, ne seraient pas venus. Dans ce cas, ce n’est plus un manque à gagner, c’est 800 € de chiffre d’affaires supplémentaire.

Toute la décision tient dans cette alternative, et personne ne peut y répondre à votre place : elle dépend de votre taux de remplissage actuel, de votre ville et de votre patientèle. Un agenda déjà plein n’a rien à y gagner. Un agenda qui a des trous, si.

Le débat dans la profession

Une part importante des psychologues libéraux refuse d’entrer dans le dispositif. Les arguments avancés portent sur le tarif imposé, sur l’encadrement du nombre de séances, sur le lien avec le médecin, et plus largement sur ce que certaines organisations professionnelles décrivent comme une paramédicalisation du métier.

En face, d’autres soulignent que le dispositif donne accès à un suivi à des personnes qui, sans lui, ne consulteraient pas — pour des raisons financières le plus souvent.

Ce n’est pas à un éditeur de logiciel de trancher ce débat, et nous ne le trancherons pas. Notre rôle s’arrête à une chose : que ceux qui décident de signer ne perdent pas leurs soirées à la paperasse qui va avec.

Existe-t-il un logiciel qui gère Mon soutien psy ?

C’est la question qu’il vaut mieux se poser avant de se conventionner qu’en février. Parce que ce que vous venez de lire n’est pas une liste de principes : ce sont cinq compteurs à tenir, toute l’année, sur toute votre file active.

  • Un tarif à 50 € dont le moindre dépassement fait rejeter la feuille.
  • Douze séances par patient et par année civile, entretien d’évaluation compris.
  • 20 % d’activité à distance au maximum, apprécié sur l’année — et tracé par les codes d’acte.
  • Un premier entretien obligatoirement au cabinet, pour chaque nouveau parcours.
  • Chaque séance facturée à justifier à tout moment, et des feuilles à transmettre dans les délais.

Votre logiciel actuel fait sans doute très bien l’agenda, le dossier patient et la note d’honoraires. Sur ces points-là, il ne vous aide pas — et ce n’est pas un reproche : ce sont des règles propres au dispositif, que rien d’autre dans votre exercice ne vous impose.

Nous avons relevé les pages publiques de quatre logiciels pour psychologues le 4 septembre 2026 — Terapiz, Mon Cabinet Libéral, MaGestionPsy et Perf’Psycho. Aucun des quatre n’annonce prendre en charge Mon soutien psy. C’est pourquoi tant de psychologues conventionnés comptent leurs séances sur un tableur, à côté du logiciel qu’ils paient.

Ce que Psy Agenda tient à votre place

  1. Le compte des séances, patient par patient, sur l’année civile, avec l’alerte avant la douzième.
  2. La proportion d’activité à distance : chaque séance porte le code correspondant à son format, posé depuis le rendez-vous lui-même.
  3. Le tarif réglementé, appliqué d’office — aucun dépassement possible par distraction.
  4. La trace de chaque séance, datée dans le dossier : c’est ce qu’on vous demandera le jour d’un contrôle.
  5. La feuille S3130, remplie depuis la séance et imprimée sur le CERFA.
Psy Agenda · notre logicielSi vous signez, ne signez pas pour la paperasse

La convention vous engage sur un tarif, un plafond de visio et un droit de contrôle. Ce sont trois choses à tenir toute l’année — pas trois choses à retenir.

Aujourd’huiAvec Psy Agenda
La proportion de visio estimée au jugé, en fin d’année→Chaque séance à distance identifiée par son code, dès le rendez-vous
Une séance de l’an dernier à retrouver pour justifier→Chaque séance datée dans le dossier, à sa place
Douze séances par patient et par année civile, à compter à la main→Comptées seules, avec l’alerte avant la douzième

22 € par mois, tout compris. Moins d’une demi-séance conventionnée. Quinze jours d’essai, sans carte bancaire — et le dispositif Mon soutien psy est pris de bout en bout, de l’agenda au CERFA imprimé.

À retenir

Signer, c’est accepter un tarif que vous ne fixez plus, un plafond de 20 % sur votre activité à distance, un lien avec le médecin traitant et un droit de contrôle. C’est aussi un engagement d’un an dont on sort par lettre recommandée en deux mois. Rien d’irréversible — mais rien d’anodin non plus.

Sources, relevées le 6 septembre 2026

Cet article décrit un cadre réglementaire à la date indiquée. Il ne remplace ni un conseil juridique, ni les informations de votre caisse. Une erreur, une évolution ? Écrivez-nous, nous corrigeons.